Indicateur 22 — Développement des compétences des personnels
Vous devez entretenir et développer les compétences de vos salariés et intervenants dans la durée : identifier les besoins, planifier des actions de professionnalisation et prouver leur réalisation, y compris pour le dirigeant d'un organisme unipersonnel.
Concerné : OF · CFA · VAE · CBC
L'indicateur 22 complète l'indicateur 21 : après avoir prouvé que vos intervenants sont compétents aujourd'hui, vous devez démontrer qu'ils le resteront demain. Le référentiel attend un véritable entretien des compétences : identification des besoins, actions de formation ou de professionnalisation, et preuves de réalisation. Cet indicateur s'applique à tous les personnels, formateurs, administratifs, et au dirigeant lui-même lorsqu'il anime les formations.
Ce que l'auditeur regarde le jour J
L'auditeur cherche un dispositif vivant, pas un document théorique. Il examine :
- la manière dont vous identifiez les besoins : entretiens professionnels, auto-diagnostics, retours des évaluations de sessions, évolutions réglementaires du secteur ;
- un plan de développement des compétences, même très simple, listant les actions prévues par personne et par an ;
- les preuves de réalisation : certificats de formation, attestations de webinaires, factures, programmes suivis, abonnements professionnels ;
- la variété des modalités reconnues : formations formelles, conférences, salons professionnels, communautés de pratiques, co-développement, lectures spécialisées documentées ;
- pour les organismes employeurs, le respect des entretiens professionnels prévus par le code du travail ;
- la boucle complète : un besoin identifié, une action réalisée, un effet constaté sur les prestations.
Pour un audit initial, l'auditeur admet un plan récent, mais il veut voir au moins une action déjà réalisée ou engagée et un calendrier crédible.
Mise en conformité pas à pas
- Créez un tableau de développement des compétences : une ligne par personne, avec les besoins identifiés, les actions prévues, les dates et le statut de réalisation.
- Alimentez-le par des sources concrètes : évaluations à chaud mentionnant un point faible d'animation, nouvelle réglementation dans votre domaine, nouvel outil pédagogique à maîtriser.
- Planifiez au moins une action de professionnalisation par personne et par an : formation, webinaire certifiant, salon, participation à un réseau professionnel.
- Archivez chaque preuve dès réception : attestation, facture, badge numérique, programme. Un dossier « professionnalisation » par personne évite la panique d'avant-audit.
- Pour vos salariés, tenez le calendrier des entretiens professionnels et conservez les comptes rendus signés : l'auditeur peut les demander comme preuve d'identification des besoins.
Conseils terrain
Si vous êtes formateur indépendant, cet indicateur vous concerne au premier chef : votre propre montée en compétences est la preuve attendue. Une formation de formateur, un MOOC attesté, une certification métier renouvelée ou une participation active à un réseau professionnel documentée font parfaitement l'affaire. L'erreur classique est de déclarer « je lis beaucoup » sans aucune trace : transformez cette veille en preuves en notant les conférences suivies et en conservant les attestations.
Reliez systématiquement cet indicateur à vos autres obligations : les besoins repérés dans les évaluations des bénéficiaires (indicateur 30) et votre veille (indicateurs 23 à 25) sont d'excellentes sources d'alimentation du plan. Cette cohérence inter-indicateurs impressionne favorablement les auditeurs, car elle montre un système qualité intégré plutôt qu'une collection de classeurs.
Attention aux sous-traitants : vous n'avez pas à financer leur formation, mais si vous travaillez régulièrement avec eux, montrez que vous vérifiez périodiquement l'actualisation de leurs compétences, par exemple en redemandant chaque année un CV à jour et les attestations récentes.
Enfin, dimensionnez le dispositif à votre structure. Un organisme de deux personnes n'a pas besoin d'un SIRH : un tableau partagé et un dossier de preuves suffisent. Ce qui déclenche la non-conformité, c'est l'absence totale d'action de professionnalisation documentée sur la période auditée, pas la modestie du plan.
Les preuves attendues par l'auditeur
- P.1Plan ou tableau de développement des compétences par personne et par an
- P.2Attestations et certificats de formations suivies, y compris par le dirigeant
- P.3Factures d'inscription à des formations, conférences ou salons professionnels
- P.4Comptes rendus d'entretiens professionnels signés pour les salariés
- P.5Preuves de participation à des réseaux ou communautés de pratiques
- P.6Lien documenté entre besoins identifiés (évaluations, veille) et actions réalisées
Les erreurs courantes en audit
- Aucune action de professionnalisation réalisée ni planifiée sur la période
- Un plan de formation théorique sans aucune preuve de réalisation
- Oublier le dirigeant-formateur dans le dispositif de développement des compétences
- Déclarer de l'autoformation sans aucune trace vérifiable
- Entretiens professionnels absents ou non tracés pour les salariés
- Plan déconnecté des besoins réels remontés par les évaluations et la veille
Questions fréquentes — indicateur 22
+Que doit contenir un plan de développement des compétences pour Qualiopi ?
Au minimum : les personnes concernées, les besoins identifiés, les actions prévues (formation, webinaire, salon, réseau), les échéances et le statut de réalisation. Un simple tableau tenu à jour, appuyé par les attestations correspondantes, suffit pour un petit organisme.
+Un formateur indépendant doit-il se former pour garder Qualiopi ?
Oui. L'indicateur 22 s'applique au dirigeant-formateur : au moins une action de professionnalisation documentée par période auditée est attendue. Formation, certification, MOOC attesté ou participation active à un réseau professionnel sont recevables.
+Les webinaires gratuits comptent-ils comme preuve pour l'indicateur 22 ?
Oui, à condition d'en garder une trace : attestation de participation, courriel de confirmation, programme et notes d'exploitation. L'auditeur accepte des modalités variées dès lors qu'elles sont documentées et reliées à un besoin identifié.
- IND. 21Compétences des intervenants